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  [Le coaching personnel]
Motivation sur mesure
par Sylvie St-Jacques

Il vous aidera à balayer les dossiers de votre bureau et à mettre de l’ordre dans vos priorités. Jadis l’apanage des gros bonnets, le coach personnel s’immisce dans le quotidien de la classe moyenne.

À l’été 2001, la carrière de Ianik Lajeunesse, 30 ans, un entrepreneur à la tête d’une firme montréalaise d’organisation d’événements, semblait avoir le vent dans les voiles. Pourtant, il sentait qu’il avait besoin d’un coup de pouce pour donner à son entreprise une plus grande envergure. Souvent incapable d’établir ses priorités, toujours en manque de temps, Ianik avait l’impression de plafonner. «Je travaillais avec un stress constant et typique du secteur d’activité dans lequel j’évolue», témoigne-t-il.


Son coach, Carmen Bélair, l’a aidé à cerner ses objectifs professionnels et personnels ainsi que les moyens de les atteindre. Des trucs simples et parfois… farfelus, mais dont les résultats se sont révélés surprenants, dit-il. «Par exemple, elle m’a suggéré de ranger mes dossiers en suspens dans le congélateur. Cela m’aide à penser qu’il est parfois nécessaire de mettre temporairement des projets sur la glace!» À l’issue de chaque session, il se voyait attribuer des «devoirs» pour faire le ménage dans sa vie. Un an plus tard, il affirme que le coaching a été bénéfique à son avancement professionnel et à son épanouissement personnel.

À chacun son coach
Relativement nouveau au Québec, le coaching est né aux États-Unis vers la fin des années 1980. Les mieux nantis, comme les stars d’Hollywood et les magnats de la finance, ont été les premiers à amener de l’eau au moulin des motivateurs personnels. Le coach Anthony Robbins, par exemple, est aujourd’hui célèbre grâce au rôle positif qu’il a joué dans la carrière du tennisman Andre Agassi.

Mais le gratin n’est plus seul à s’offrir le luxe de la motivation sur mesure : depuis quelques années, la classe moyenne a aussi recours aux services de coachs. Certains sollicitent leur aide pour savoir comment consacrer plus de temps à leurs loisirs, d’autres pour décrocher une promotion. Le psychologue Robert Potvin, associé de la firme Coaching dynamique de carrière, estime que l’engouement pour la motivation supervisée est le résultat d’une société où les têtes grises sont mises au rancart. «Plusieurs entreprises ont mis à pied des employés d’expérience qui pourraient certainement jouer le rôle de coachs auprès de leurs jeunes collègues. Ceux-ci se tournent donc vers des ressources externes et consultent des coachs personnels.»

Toutefois, la prudence est de mise puisque la pratique n’est pas encadrée par un ordre professionnel. Du psychologue au vendeur d’automobiles, n’importe qui peut s’improviser coach personnel du jour au lendemain. Quant aux programmes de formation — comme ceux de la Coach University, un centre américain de formation à distance —, ils ne sont pas reconnus par le ministère de l’Éducation. «Ces entreprises existent surtout pour faire de l’argent et ne s’assurent pas que leurs diplômés ont le potentiel nécessaire», soutient Robert Potvin. L’Ordre des psychologues du Québec s’intéresse d’ailleurs de plus en plus au phénomène, indique-t-il.

Plus qu’un ami
Mieux vaut avoir un compte en banque bien garni pour tenter l’expérience. Le minimum exigé pour deux ou trois sessions téléphoniques mensuelles est 150 $, mais la plupart des coachs qui s’affichent dans Internet demandent entre 300 et 700 $ par mois. Ce montant peut même friser les 2 000 ou 3 000 $ si le protégé est un haut dirigeant d’entreprise…

Les consultations s’échelonnent généralement sur une période de trois mois à un an et se font par téléphone. Comme l’explique Laurence Stezewsky, présidente de l’agence de coaching montréalaise eLAcentral, le coût peut s’ajuster aux moyens financiers et aux besoins de chacun. «Chez nous, le processus commence par une consultation gratuite au cours de laquelle on évalue les objectifs de la personne. On fait ensuite une proposition incluant la fréquence des consultations et le tarif.»

Travailleurs autonomes, artistes et entrepreneurs font notamment partie de la clientèle de Claudine Bergeron, devenue coach autonome en 2000 après avoir œuvré dans la vente et le marketing. Selon elle, une personne intéressée à faire appel au coaching devrait avoir réglé une bonne part de ses problèmes personnels : un coach ne s’attardera pas à l’analyse freudienne des comportements! Il travaille à la fois sur les aspects de la vie privée et professionnelle de son protégé mais pas nécessairement avec une approche clinique, dit-elle. «J’aide les gens à aller plus loin, à faire davantage en moins de temps, à atteindre les résultats qu’ils souhaitent. Je peux aussi contribuer à élever leur niveau de concentration de sorte que lorsqu’ils accomplissent une tâche, ils se donnent à 100 %.»

«Plusieurs personnes qui ont vécu le processus dans une optique professionnelle m’ont confié que cette démarche avait eu une influence sur leur vie privée, ajoute Robert Potvin. Quelqu’un ayant fait appel à mes services pour le travail m’a dit que le coaching lui avait permis d’améliorer sa relation avec sa fille.»

Le coaching est plus qu’une mode de passage, estime le psychologue. Toutefois, ce sont parfois la solitude et l’ennui qui motivent la recherche d’une oreille attentive. Avant de s’en remettre aux conseils d’un coach, mieux vaut faire une introspection et une évaluation de la qualité de ses rapports personnels, prévient-il : «Certaines personnes paient cher pour avoir un ami!»


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